La police a enregistré 46'070 vols par effraction et par introduction clandestine dans l'ensemble de la Suisse, soit 11,2% de plus que l'année précédente. Cela représente 126 vols de ces deux types par jour, détaille la statistique policière de la criminalité (SPC), publiée lundi par l'Office fédéral de la statistique (OFS).

La hausse la plus marquée concerne les vols de véhicules (+9,3%), les vols par effraction sur ou dans un véhicule (+26,8%) et les vols à l'étalage (+6,9%).

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Escroqueries numériques

Le nombre des infractions numériques a plus que doublé depuis 2020, année où elles ont été recensées pour la première fois séparément, et augmenté d'un tiers par rapport à 2023. En 2024, la police en a enregistré 59'034. Plus de 90% relèvent de la cybercriminalité économique. Le phishing (+56,2%) et l'abus de systèmes de paiement personnels ou usurpation d'identité (+104,8%) ont connu une hausse particulièrement notable.

L'an dernier, les infractions de violence grave ont augmenté de 19,4% pour atteindre un total de 2456. Parmi ce type d'infractions, on a surtout enregistré une forte hausse des lésions corporelles graves (+16,9%) et des viols (+29,4%).

Pour ce qui est des personnes prévenues d'infraction de violence grave, leur nombre a augmenté par rapport à l'année précédente tant chez les adultes de 25 ans ou plus (15,8%) que chez les mineurs (10,9%). Leur nombre est en revanche resté à un niveau similaire chez les jeunes adultes de 18 à 24 ans (+1,6%).

Quarante-cinq homicides

Les homicides ont reculé de 15,1% l'année dernière. Un peu plus de la moitié (26) du total des 45 homicides ont été perpétrés dans la sphère domestique.

Parmi les personnes tuées dans le cadre d'une relation de couple (actuelle ou ancienne), on a dénombré 17 femmes et 2 hommes. Une mineure, une femme et cinq hommes ont par ailleurs été tués dans le cadre d'autres relations familiales ou de parenté.

Discrimination

Les infractions, enregistrées par la police, qui contreviennent à l'art. 261bis (discrimination et incitation à la haine) affichent une hausse constante depuis 2018. Leur nombre a atteint 595 en 2024, ce qui représente une augmentation de 48,4% par rapport à l'année précédente. Parmi ces infractions, 88,7% se réfèrent à l'appartenance raciale, ethnique ou religieuse, les 11,3% restants à l'orientation sexuelle.

L'an dernier, la police a enregistré 91'929 personnes prévenues d'infraction au code pénal. Parmi elles, 10'918 étaient mineures et leur nombre est resté à un niveau similaire à celui de 2023 (-1%). Sur l'ensemble, 42,3% étaient de nationalité suisse, 31,4% faisaient partie de la population résidante permanente étrangère, 6,7% provenaient de la population relevant de l'asile et 19,6% appartenaient au groupe des autres étrangers (sans résidence permanente en Suisse).

Outre les données sur les infractions au code pénal, la SPC publie également les chiffres relatifs à la loi sur les stupéfiants (LStup) et à la loi sur les étrangers et l'intégration (LEI). Le nombre des infractions à la LStup est en baisse depuis 2015. La police en a enregistré 48'208, en 2024, soit 11,5% de moins qu'en 2023. Pour ce qui est des infractions à la LEI, leur nombre s'est accru de 2,9% par rapport à 2023, pour atteindre 44'434.

«Un pays sûr»

La hausse de 8% des infractions pénales en 2024 doit être interprétée avec prudence, commente Matteo Cocchi, président de la Conférence des commandantes et commandants des polices cantonales (CCPCS). Les infractions contre le patrimoine «affectent souvent la perception subjective de la sécurité», souligne-t-il dans un communiqué.

«De manière générale, nous pouvons considérer que le pays est sûr, notamment grâce à la qualité des corps de police présents sur notre territoire», affirme le Tessinois. (awp/hzi/ps)